Pourquoi je suis si sensible ? (et ce que mon émotion essaie de me dire)

Une critique anodine et vous explosez ? On vous traite d'hypersensible ? Une émotion disproportionnée n'est jamais un accident : c'est un message. Découvrez ce que vos réactions essaient de vous dire.

STRESS ET ÉMOTIONS

Cédric Viara

11/13/20267 min read

« Pourquoi je suis si sensible ? » sur le message caché derrière chaque émotion, hypersensible nice
« Pourquoi je suis si sensible ? » sur le message caché derrière chaque émotion, hypersensible nice

Pourquoi je suis si sensible ?

Mais surtout : qu'est-ce que mon émotion essaie de me dire

Une remarque anodine au boulot. Un message resté sans réponse. Un détail, un ton, un regard... et vous voilà enflammé, ou en larmes, ou les deux. Et après coup, la petite cupa : « mais pourquoi j'ai réagi comme ça ? C'était rien, pourtant. »

Sauf que... c'était peut-être rien aujourd'hui. Mais quelque chose en vous a réagi comme si c'était encore quelque chose de vieux. Et ça, ce n'est pas un défaut. C'est un message. Votre émotion ne vous fait pas honte : elle vous parle.

On parle beaucoup d'hypersensibilité à travers tout ce que l'on peut voir sur les réseaux, mais moi-même l'étant également, j'ai voulu à travers cet article prendre l'émotion sous un autre angle.

Votre émotion n'est pas un orage. C'est un tableau de bord.

On a tous grandi avec l'idée qu'une émotion forte, c'est un problème à calmer. Un orage à attendre.
Genre : respirez, ça va passer. Et la société nous le fait bien comprendre, l'émotion n'a pas sa place en son sein, beaucoup trop intense !

Sauf que c'est dommage, et en plus c'est faux. Chaque émotion a une fonction, une information utile. Elles sont toutes utiles au sens où elles nous indiquent un besoin qui n'est pas nourri — un message qui demande à être lu. Les émotions sont une véritable boussole intérieure qui nous indique la marche à suivre.
Je dirais qu'au-delà de la boussole, elles sont de puissants messagers et, en ce sens, un véritable don pour mieux nous comprendre.

C'est pour ça que gérer ses émotions, ça n'est PAS les contrôler, les combattre ou les étouffer. C'est les accueillir, les comprendre, et décoder leur sens caché. Et si vous ne me croyez pas, relisez ce que je vous disais sur ce qui nous pousse vraiment à agir : l'émotion n'est pas un obstacle sur la route, c'est le moteur lui-même.

Et surtout : ne jamais tuer le messager. Aux temps anciens, un roi apprenne la mauvaise nouvelle, il fait exécuter le pauvre type qui l'apporte. Résultat ? La nouvelle est toujours vraie, le roi est toujours dans la merde, et maintenant plus personne n'ose lui dire ce qui se passe vraiment. Ça vous rappelle rien, quand vous faites taire vos émotions ?

« Mais pourquoi je réagis TROP fort ? »

Nos habitudes émotionnelles façonnent notre perception du monde et conditionnent nos réactions — souvent à notre insu. Ces schémas, ce sont des prisons invisibles. Vous ne les voyez pas, mais ce sont elles qui décident à votre place. On parle souvent également de schémas répétitifs, de schémas inconscients — on y arrive.

Il suffit parfois d'un détail pour réveiller un point sensible et déclencher une réaction incontrôlable : un sentiment d'injustice, d'humiliation, tout ce qui évoque un rapport de force. La question de l'image, la reconnaissance, le rejet, l'abandon, la trahison...

Et tout ça renvoie aux marques du passé : les blessures, les injonctions, les mécanismes de défense. Vous ne réagissez pas à la situation d'aujourd'hui. Vous réagissez à un vieux film que la situation vient de remettre en marche — bon, pas hyper sympa le film, j'en conviens !

Il y a même pire (et mieux) à comprendre : une émotion non digérée devient un sentiment, puis un état d'âme, puis un tempérament... et finit par définir votre identité.
Je la refais : plus vous exprimez une émotion sans la « comprendre », et plus ça devient votre identité.
La colère qu'on n'a jamais digérée devient « je suis colérique ».
La tristesse non traversée devient « je suis quelqu'un de triste ».
L'émotion passagère s'installe, squatte, et prend le nom sur la boîte aux lettres. Et paie même pas le loyer !
Et on finit par croire qu'on est ce qu'on ressent. Pas dingue, l'histoire.
Un frein majeur quand vous essayez de construire une bonne estime de soi.

L'autre truc qu'on ne vous dit pas : votre corps réagit à vos pensées

Lorsqu'une voiture manque de vous écraser, lorsque vous subissez la perte d'un être cher, lorsque votre voisin prend son appart pour une boîte de nuit à 2h du mat', les émotions ressenties sont, respectivement, de la peur, de la tristesse et de la colère — on est d'accord.
Ainsi, on sait qu'une action engendre une émotion derrière.

Mais un point à savoir également : toutes les émotions ne sont pas forcément déclenchées par une situation extérieure.
La plupart du temps, elles sont le fruit de pensées perçues à travers le filtre du mental : il génère une image, un souvenir, une anticipation... et le corps réagit comme si c'était réel.
Relisez cette phrase, elle mérite un café.

Votre corps — tout du moins votre cerveau — ne fait pas la différence entre la scène qui se passe et la scène que votre mental rejoue ou anticipe. La majorité de nos émotions quotidiennes ne sont donc pas des réactions instinctives : elles sont colorées, filtrées, amplifiées par le mental.
Ainsi, penser à votre ex qui vous a largué, ou repenser à la queue de poisson que vous avez eue sur la route 1h avant, enclenchent les mêmes signaux que si ça se produisait à l'instant T.

Alors oui, parfois l'émotion vous parle d'un vrai danger présent. Mais souvent, elle vous parle d'un danger... passé. Ou imaginaire. Savoir lequel — c'est déjà la moitié du chemin.

La bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas figé ! Notre cerveau a ce magnifique pouvoir qui est la reprogrammation.

Le décryptage en 3 étapes : accueillir, comprendre, utiliser

1. Accueillir. Reconnaître, accepter, accueillir l'émotion ressentie — sans jugement. Pas de « je n'aurais pas dû », pas de « je suis nul ». Juste : « ok, je ressens ça. » Vous ne valideriez pas la panique d'un enfant en lui criant dessus. Faites au moins ça pour vous.

2. Comprendre. Examiner la situation déclenchante, analyser l'origine et le message. Les bonnes questions : Qu'est-ce que je ressens précisément ? Qu'est-ce que je refuse de regarder ? Quel point sensible vient d'être touché — image, reconnaissance, rejet, abandon, trahison, autre (car la liste n'est jamais exhaustive) ?

3. Utiliser. Évaluer si vos pensées sont réalistes ou basées sur des suppositions erronées, et travailler le système de croyances derrière l'émotion. Puis s'en servir pour agir, plutôt que subir.

Concrètement : une personne est critiquée et est dévastée à chaque fois. Elle en veut énormément à l'autre. Cette réactivité indique une fragilité côté confiance en elle. La personne n'est pas victime de l'autre — l'autre devient la possibilité de passer au niveau supérieur. Il lui montre juste, en plein jour, le chantier à ouvrir.

La reprogrammation : mode Matrix activé !

Je parlais de reprogrammation, donc élargissons un peu, parce que c'est LE point qui change la donne.

Votre cerveau n'est pas un moule figé : c'est un système vivant qui se recâble toute la vie, en fonction de ce que vous répétez. Chaque pensée emprunte un chemin neuronal, et plus ce chemin est emprunté, plus il devient une autoroute. Le souci, c'est quand l'autoroute, c'est « je ne suis pas à la hauteur » ou « je vais être abandonné » : le cerveau la privilégie, même quand la situation ne s'y prête pas. C'est pour ça que le vieux film repart si vite — le chemin est déjà tracé.

Mais voilà la bonne nouvelle : la même mécanique fonctionne dans l'autre sens. Si vous utilisez d'autres pensées — et donc d'autres émotions — à la place de ce que vous vivez continuellement (de mal, hein), vous contribuez à retrouver la joie de vivre. Oui, même si c'est pas facile tous les jours.
Concrètement : chaque fois que vous accueillez l'émotion, que vous la décryptez (elle vient d'où ? elle me dit quoi ?) et que vous choisissez consciemment une lecture plus juste de la situation, vous tracez un nouveau chemin. Au début, c'est un sentier de rando à travers broussailles mais avec de la répétition, il devient praticable. Puis évident. L'ancien chemin, lui, ne disparaît pas, mais il s'enfouit sous la végétation quand on ne l'emprunte plus.

Ça demande de la constance, de l'honnêteté avec soi, et parfois de l'aide — parce que les schémas les plus anciens ont cette capacité : vu de l'intérieur, ils semblent être la réalité. Et c'est exactement là que le coaching a toute sa place : quand on n'y arrive pas seul, on travaille dessus ensemble.
Pas pour vous « réparer » — vous n'êtes pas cassé — mais pour repérer le schéma à l'œuvre, décoder l'émotion qui le trahit, et l'accompagner vers un autre chemin. C'est un travail que j'accompagne régulièrement, et franchement, voir quelqu'un se libérer d'une réaction qui le poursuivait depuis des années, ça peut bouleverser sur le moment, mais ça n'a rien d'intimidant : c'est juste du concret.

En résumé

  • Une réaction disproportionnée n'est jamais un accident : c'est un point sensible qui parle — et souvent, du passé.

  • Les émotions sont un tableau de bord, pas des orages : elles indiquent un besoin non nourri. Ne jamais tuer le messager.

  • Une émotion non digérée s'installe et finit par définir votre identité.

  • La plupart des émotions quotidiennes sont filtrées et amplifiées par le mental — le corps réagit aux pensées comme au réel.

  • Le processus : accueillir, comprendre, utiliser. Et questionner systématiquement toute réaction forte : elle désigne toujours un chantier.

  • Et rien n'est figé : le cerveau se reprogramme — seul avec de la constance, ou accompagné quand les schémas sont trop anciens.

La prochaine fois qu'une émotion vous surprendra par son intensité, au lieu de vous demander « qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? », demandez-vous : « qu'est-ce que tu essaies de me dire, toi ? »

C'est la question qui ouvre la liberté intérieure.
Et c'est exactement le genre de décodage qu'un accompagnement rend plus rapide — parce que vu de l'intérieur, le film se croit toujours réel.

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