Pourquoi j'abandonne toujours tout?

Vous commencez fort, puis vous abandonnez ? Nouveau job, nouveau projet, nouvelle relation... et tout se répète ? Ce n'est pas un manque de volonté : découvrez le cycle qui explique tout.

DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Cédric Viara

11/6/20265 min read

illustration du cycle du changement expliquant pourquoi on abandonne tout
illustration du cycle du changement expliquant pourquoi on abandonne tout

Pourquoi j'abandonne toujours tout

(pourquoi c'est "normal" et comment s'en extraire)

Nouveau job, nouveau projet, nouvelle relation, nouvelle résolution de janvier. Les trois premiers mois, vous planez. Et puis... vous connaissez la suite. La motivation s'évapore, le quotidien reprend, et vous vous dites « mais what? Pourquoi ce que j'entreprends ne marche pas? ».
Si vous en venez à vous demander ce qui cloche chez vous, le point positif, c'est que vous n'êtes pas seul, parce qu'on parle quand même de 80 % des gens qui lâchent leurs résolutions en 6 semaines, pas genre 2/3 personnes par ci, par là. 80% !
Et surtout autre point : ce n'est pas un manque de volonté.

C'est un cycle. Et il a une carte.

Le changement est un cycle, pas une ligne droite

Le chercheur Frederic Hudson a cartographié le changement en 4 phases. Tout le monde les traverse, tout le temps, littéralement ! que ce soit des projets, une carrière, des relations, voire carrément votre vie entière. Et ce n'est pas linéaire, c'est un cycle. La boucle infernale ! Mais bonne nouvelle, si on a une vision dessus, des outils, on peut l'appréhender un peu mieux finalement :)

1. L'élan. Le grand oui. Nouveau poste, nouvelle relation, déménagement : tout semble possible, vous vous sentez fort, aligné. C'est beau, c'est nécessaire et c'est d'ailleurs ce qui vous met en mouvement. Mais soyons honnêtes : c'est aussi la phase où on voit tout en rose. Les collègues sont formidables, la partenaire est parfaite. Vous projetez, vous idéalisez, et c'est très bien comme ça :)

Le plateau. La vitesse de croisière. Tout roule, c'est fluide, productif, rassurant. Beaucoup croient que cette phase dure toujours. Oui mais non. Elle n'est pas vraiment dans le cycle, mais à sa place importante.
Astuce d'Hudson : pour qu'elle dure, injectez y régulièrement 20 % de nouveauté. Bon 20%, c'est marrant 5 minutes c'est chiffres mais concrètement c'est quoi 20% ? Ca peut être un apprentissage, un projet parallèle, un changement de rythme, apporter un peu de piquant ou de plaisir dans ce que vous faites. Le but n'étant pas d'atteindre ces 20%, non, le but étant d'apporter du plaisir, de la joie continuellement.
Sans ce renouveau, l'inertie s'installe et... on glisse doucement vers le bas.

2. Le déclin. Tout commence à grincer. Ce qui vous motivait devient routinier. La fin de l'idéalisation : le poste n'est pas si top, les collègues pas si bienveillants, la partenaire montre des facettes imprévues. La frustration monte, on râle, on critique — « c'est le système, c'est l'autre le problème ». Encore une fois, ce n'est pas forcément négatif, désagréable, j'entends, mais pas négatif!
C'est inconfortable, mais cette phase a un cadeau caché : c'est ici que commence la lucidité.

3. Le marasme. La mini-mort. Énergie en bas, doute, introspection, parfois la douleur.
La mini-dep ! Mais là, on ne peut plus faire semblant. La société déteste cette phase (elle juge, elle prescrit « bouge-toi ! »), pourtant c'est ici que se joue le vrai changement — celui de l'être, pas des circonstances. On se pose enfin les vraies questions : où j'en suis vraiment ? Qu'est-ce que je veux, au fond ? À quoi dis-je adieu ? Et si on ne passe par cette phase, on part dans une mini transition que je décris un peu bas

4. Puis la réintégration. La renaissance. On revient vers l'action, mais autrement : avec un regard neuf, une énergie plus calme, sans besoin de prouver. Et le cycle repart — mais pas en cercle. En spirale, à un niveau de conscience plus haut.

Le piège qui fait tout recommencer : la mini-transition

Voilà le cœur du problème. Au moment du déclin, la sensation est tellement désagréable qu'on cherche à la fuir en changeant des choses en surface : une augmentation, une autre équipe, un autre partenaire, une autre ville. Hudson appelle ça des mini-transitions.

On repart en phase 1, avec quelque chose de nouveau, pas les fameux 20%, mais presque du remplacement. Un peu comme le junkie qui au fond de son trou quand la drogue ne fait plus effet reveut sa dose, et ainsi on retrouve l'enthousiasme... sauf qu'on reste la même personne. Mêmes schémas, mêmes blessures, mêmes attentes irréalistes. Alors on reproduit les mêmes situations, et le cycle devient de plus en plus court. Frustrant. Pernicieux.

À force de faire un peu plus de la même chose, on obtient un peu plus du même résultat.
Einstein disait : "La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent"
On y est !

Ça ne veut pas dire que changer de job ou de relation est une erreur. Ça veut dire qu'une vraie transformation ne peut pas se faire en extérieur uniquement. Tant qu'on résiste au passage intérieur (le marasme), on reste bloqué à répéter. Et au bout d'un moment, de toute façon, la vie nous pousse : le corps parle, l'âme parle, l'intuition parle. Ce n'est plus possible de faire semblant.

Comment savoir où vous en êtes vraiment?

Grille de lecture immédiate pour savoir finalement où vous en êtes, comme un mini tableau en croisant votre énergie (qu'elle soit haute ou basse) et votre émotion ("positive" ou "négative" ) :

  • Avec une émotion positive et une énergie haute, on est dans l'Élan (la passion, l'enthousiasme, alignement)

  • Avec une émotion négative et une énergie haute, on est dans le Déclin (la colère, la frustration,
    « c'est la faute des autres »)

  • Avec une émotion négative et une énergie basse, on est dans le Marasme (fatigué, flou, "je ne sais plus où j'en suis »)

  • Puis avec une émotion positive et une énergie basse, on revient vers la Réintégration (paix, reconstruction douce, nouvel élan futur)

Deux questions pour vous repérer :

  • Qu'est-ce que je refuse de regarder, là, maintenant ? (la question du déclin)

  • Que veut me dire cette émotion ? Quelle transformation appelle-t-elle en moi ? (la question du marasme)

Quelle que soit la phase, la clé reste la même : revenir à l'émotion et au message qu'elle véhicule. Pas la fuir, pas la combattre — l'écouter.
Et si tu veux en savoir plus sur les messages que veulent te dire tes émotions c'est ici

En résumé

  • Le changement est un cycle en 4 phases : élan, plateau, déclin, marasme — puis réintégration. Une spirale, pas un cercle.

  • Le plateau s'entretient : 20 % de nouveauté en continu.

  • La mini-transition (tout changer en surface) donne l'illusion d'un nouveau départ, mais rejoue les mêmes schémas.

  • Le marasme n'est pas une panne : c'est la phase où le vrai changement identitaire se joue.

  • Pour vous situer : votre énergie + votre émotion. Et toujours la même question : qu'est-ce que je refuse de regarder ?

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